Décryptage de France-Australie (23-25)
- 23 nov. 2016
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Crédit photo : Eurosport, Rugbyrama
“OHHHHHHHHHHHH-ohhhhh”. Un espoir puis la déception, voici la réaction du Stade de France lorsque Camille Lopez s’empare du ballon, tente et rate le drop décisif. Alors oui, la France a perdu mais on peut voir dans cette performance, de nombreux motifs d’espoir. Retour sur ce deuxième match de la tournée automnale du XV des Bleus.
Les compositions :
La composition Australienne semblait indiquer un turnover évident. Absence de Folau, Hooper sur le banc tout comme Foley. De nouveaux joueurs lancés dans le grand bain comme le 3/4 centre Godwin. Michael Cheika, le sélectionneur des Wallabies, avait l’intention de faire tourner et notamment de reposer son numéro 10. Mais au coup d’envoi, pas de Quade Cooper, mais bien Bernard Foley. Il partage la charnière avec Will Genia, le demi de mêlée du Stade Français. Dans le pack, moins de surprises à part la présence sur le banc de deux joueurs clés : Stephen Moore et Michael Hooper. De plus, l’habituel troisième-ligne centre David Pocock est décalé sur un poste de flanker, laissant sa place, non pas à Timani (pressenti à sa place), mais à Sean McMahon. L’atout numéro 1 des Wallabies, la ligne de 3/4, notamment avec la folie dont peut faire preuve les arrières (Godwin-Kuridrani au centre et Speight-Naivalu- Morahan formant le triangle d’arrières). Le point faible de l’Australie, leur mêlée trop irrégulière et sûrement le manque de préparation collective sur leurs derniers rassemblement.
Celle de l’équipe de France affichait quelques changements surtout dûs aux nombreuses blessures contre les Samoans. Ainsi, après la perte de Jefferson Poirot, Cyril Baille honore sa première titularisation. Vahaamahina et Le Devedec inversaient leur rôle par rapport à la semaine dernière, le second prenant place sur le banc. Ollivon passait titulaire à la place de Goujon blessé. Nakaitaci rappelé prenait place sur l’aile en remplacement d’Huget. Seul le rôle de demi d’ouverture était vaquant. Le retour de Camille Lopez pouvait nous faire penser à une ligne 10-12- 13-14 clermontoise. Finalement, Guy Novès lui préféra Jean-Marc Doussain. Tous les autres joueurs étaient maintenus soit 10 joueurs reconduits après le match face au Samoa. La France s’appuie sur une bonne animation
autour de son ouvreur. Néanmoins, les phases de maul, ratées contre les guerriers du Pacifique s’imposaient comme le point faible des bleus.
Le film du match :
Le début du match est encourageant pour les Wallabies mais ce sont bien les Français qui ouvrent le score par Maxime Machenaud (6’) puis vient l’essai du fantasque ailier Virimi Vakatawa (18’). “Encore lui ?” peut-on entendre dans le stade. La transformation est ratée et à la 20ème minute, les Bleus (habillés de blanc et rouge) mènent 8 à 0 mais ont déjà laissé 5 points en route après la pénalité manquée de Speeding. Et ces échecs commencent à peser dans la balance. Après une pénalité de Foley (22’), l’Australie marque à la 25ème minute un essai de pénalité après un ballon porté. Sanctionnée d’un essai la sélection française reçoit en plus un carton jaune pour la faute sur ce maul
de Charles Ollivon. La transformation de Foley permet aux Sudistes de passer devant (8-10). Avant la mi-temps, les deux équipes scorent une nouvelle fois et se séparent sur le score de 11-13. A la reprise, les Australiens investissent les 22 mètres des hommes de Novès, montrant leurs intentions. Ils sont récompensés par un essai de Bernard Foley, bien servi par Genia. A la 45ème minute, Foley porte le
score à 11-20, en transformant lui même son essai planté sous les poteaux. 10 minutes plus tard, Jean-Marc Doussain répond à son vis-à- vis et inscrit son premier essai international. Malgré l’appel à la vidéo, l’essai est bien accordé mais toujours pas transformé (16-20). Puis sur l’action suivante, les Wallabies récupèrent le ballon et marquent le plus bel essai du match, qui fera certes polémique (voir ci-dessous). Cet essai de Kuridrani en bout de ligne n’est pas transformé, premier échec de Foley, jusque là seul marqueur Australien. 16-25 à la 58ème, la tâche est à ce moment très ardue. Puis un bijou de passe de Machenaud offre l’essai à Wesley Fofana entre les poteaux. La France transforme et revient à 2 petits points (23-25, 70’). La suite on la connaît, après un coaching réussi du côté Bleu, sur la sirène, Serin éjecte le ballon du ruck et Lopez rate le drop. Le ballon passe un peu trop à gauche et l’arbitre donne le coup de sifflet final. C’était l’action parfaite et le 10 clermontois s’en veut. Il ne doit pas, il fallait tenter ce drop, avec le vent de face, et sa tentative fût très courageuse. Voilà ce qu’on retient de ces vaillants Bleus, une envie débordante et des progrès derrière. Ils ont eu, face aux hommes Michael Cheika, un défi nettement plus important que leur premier match. Le contenu de ces tests montrent que l’implication et le travail commence enfin à payer pour les joueurs du Coq.
Le joueur :
Encore une fois, Bernard Foley a porté son équipe. Premier attaquant, impeccable en défense, inspiré offensivement, le numéro 10 Wallaby a été le protagoniste de son équipe. Sa réussite au pied a permis de faire la différence avec les Français (3 échecs au pied, seulement 1 pour Foley). Il a même inscrit 15 des 25 points de son équipe, encore une fois, Foley a parfaitement assumé son rôle de leader.
Les + et - français :
+ : Vakatawa et Gourdon ressortent encore du lot. Le premier de par son essai et le second grâce à sa performance sans faute. La mêlée bleue est un grand motif de satisfaction, en témoigne cette mêlée volée à la 75ème minute.
- : Picamoles en dessous de son niveau. On le sait touché par des problèmes familiaux, et “Pica” a eu moins d’influence que d’habitude. Sébastien Vahaamahina n’a lui pas rempli son rôle de “contrer” en touche.
L’image du match :

Crédit photo : Eurosport, Rugbyrama
Le capitaine Pocock fait passer Uini Atonio au dessus de lui. Difficile de soulever un colosse pareil, pas pour le Wallaby qui doit passer du temps à travailler les squats.
Le fait du match :

Crédit photo : le Rugbynistère
L’essai de Kuridrani, magnifique mais irrégulier. En effet, il n’aurait pas dû être accepté. La règle stipule que lorsque le joueur ou le ballon touche le poteau de touche, alors l’essai n’est pas valable. De nombreux arbitres se sont étonnés après la décision de Monsieur Jackson et de son assistant vidéo. Mais nous ne pouvons enlever le caractère très “Super Rugby” de cet essai qui force le respect.
A venir :
Après deux matchs, les adversaires montent en puissance. Et la semaine prochaine, toujours au Stade de France, les Bleus joueront la Nouvelle-Zélande, championne du monde 2015. Rappelons qu’un instinct de vengeance devrait habiter les hommes de Novès. En effet, le dernier match contre les Blacks s’était soldé par une cinglante défaite 62/13. De plus, les Français n’ont plus battu ces Néo-Zélandais depuis le 13 juin 2009. Un peu plus d’un an après le décès du plus grand joueur “Néozède”, il est temps pour nous de leur présenter notre Jonah Lomu, Virimi Vakatawa. Attention messieurs Blacks, la bande de Guirado est prête pour relever ce défi en s’appuyant sur cet atout de taille. Le rendez-vous est pris.
Suivez France-NZ samedi 26 novembre à 21h au Stade de France.
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