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Primaire de droite et du centre : Fillon favori, est-ce une vraie surprise ?

  • 21 nov. 2016
  • 3 min de lecture

Les chiffres sont tombés, François Fillon arrive largement en tête du premier tour de la primaire de la droite et du centre avec 44% de votes. C’est Alain Juppé qui viendra le challenger au second tour. Il comptabilise 28% de votes. D’ores et déjà les candidats perdants donnent leur voix aux finalistes:

Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire soutiendront François Fillion. Nathalie Kosciuko-Morizet votera Juppé. La défaite de Sarkozy

ainsi que la supériorité de Fillon étonne beaucoup de spécialistes or, on pouvait tout de même s’y attendre.

En effet, certains signes ne trompent pas. Tout d’abord, l’élimination de Mr. Sarkozy était à prévoir. Les affaires de justice que traîne l’ancien Président de la République, son coup de communication peu crédible orchestrant son retrait de la politique, son retour prévisible, son bilan plus que mitigé à la présidence,...Tout cela a plus contribué à l’agacement de ses électeurs. La surprise est peut-être exagérée concernant sa disqualification. Depuis les deux derniers débats de la primaire et plus particulièrement le dernier, un trio de tête s’est peu à peu dégagé. Sarkozy, Juppé, Fillon, c’est le trio de tête pressenti et

c’est celui que l’on a retrouvé dans les faits. Comme je l’ai expliqué, Nicolas Sarkozy traîne un historique judiciaire récent qui a assurément eu un rôle dans son élimination. Il restait donc le maire de Bordeaux face au Premier ministre du quinquennat Sarkozy. Là où réside la véritable surprise est la large victoire de François Fillion, obligeant Alain Juppé à attaquer le second tour de la primaire dans un rôle d'outsider. On peut tout de même expliquer un tel succès. D’une part, son adversaire. Alain Juppé est un vieux de la vieille de la classe politique. Malgré une image de sage expérimenté, son passif avec la justice a ajouté un poids à ses pieds. De plus, le ras-le-bol de l'ancienne mouvance politique explique sa difficulté à concurrencer François Fillon dans les urnes. Cependant Fillon a réussi à se démarquer par rapport aux autres prétendants à la candidature présidentielle. Celui-ci, jouit de sa dernière expérience gouvernementale. Il a été le seul Premier ministre à exercer ses fonctions pendant la totalité du mandat de son président (Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012). Ce palmarès lui donne donc l’

image du candidat de la stabilité. Fort de cette aura, il apparait comme le compromis entre un Nicolas Sarkozy nerveux et un Alain Juppé devenu quasi archaïque. Expérimenté, mais sans antécédent judiciaire notable. Outre ses expériences

gouvernementales, il s’est distingué par son discours économique pendant que les autres candidats se battaient autour de la question identitaire et sécuritaire. En effet, dans les 15 mesures phares de sa candidature on trouve majoritairement la libéralisation économique, la défiscalisation, la baisse des dépenses publiques...De quoi faire retourner Keynes dans sa tombe. Seule une des 15 propositions de son projet concerne la sécurité. Avec l’annonce officielle de la candidature de Macron, les débats économiques sont relancés, n'en déplaise aux Répulicains centrés sur le terrorisme.Finalement, le résultat de ce premier tour de la primaire n’est pas incompréhensible. La surprise réside dans la large majorité de Fillon, qui est, il est vrai, étonnante. Néanmoins, malgré le statut de favori qu’endosse Fillon, rien n’est fait. Ces chiffres surprenants sont à relativiser, il est évident que la semaine prochaine sera déterminante pour la désignation du vainqueur du second tour.


Les dés sont lancés.

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