La bête noire a encore frappé
- 28 nov. 2016
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Crédit photo : Ouest France
Zéro. Zéro fois. Jamais la France n’a battu les Blacks au Stade de France. Au mieux, les Français ont fait un match nul en novembre 2002. Mais jamais ce stade n’a été le théâtre d’une victoire. Alors pourquoi pas en ce samedi 26 novembre ? Les Néo-Zélandais, eux, ont l’opportunité de clore une année marquée de succès (une seule défaite). De plus, ils pourraient enrichir leur série de 9 victoires consécutives contre les locaux. Alors après une victoire contre les Samoans et une défaite encourageante contre l’Australie, comment s’est soldée la tournée automnale des Bleus ?
Le contexte :
Le dernier match entre les deux équipes fut un cavalier seul. 62-13, un score déroutant.

Crédit photo : destination-quinze.fr
Certes les Français n’étaient pas au mieux, l’ambiance dans les vestiaires était tendue, mais tout de même. Quasiment 50 points d’écart, un match nettement dominé par le XV de la Fougère, surtout la seconde mi-temps. C’est bien simple, nous n’avions pas existé. Alors après une coupe du monde finie d’une manière déplorable, après un tournoi sans gloire, les Bleus ont l’opportunité de nous refaire vibrer. L’heure est à la reconquête, notamment du public, très silencieux la semaine dernière.
Les compos :
L’équipe de France s’installe dans la durée. A part le changement d’arrière, les 3/4 de l’Australie sont reconduits. Exit Scott Speeding, bonjour Brice Dulin. Le “petit” mais virevoltant Racingmen honorera là son premier match de cette tournée La charnière est changée à nouveau. 3 matchs, 3 ouvreurs différents. François sorti blessé, Jean-Marc sorti ouvert, il est l’heure pour Camille de saisir sa chance. Guy Novès privilégie sûrement le côté “automatismes” des Clermontois. Les Auvergnats sont donc représentés par Lopez, Fofana, Lamerat et Nakaitaci, 4 arrières sur 7. Devant, seul Xavier Chiocci récupère la place de Cyril Baille, le toulousain sera sur le banc aux côtés des joueurs qui étaient déjà sur le banc la semaine dernière. La feuille de match est donc identique à part l’échange d’arrières. On sent que Novès cherche à installer un groupe, une continuité.
Côté Blacks attention. Pas d’équipe B, pas de joueurs ménagés, les stars sont là. Dagg, Naholo, Savea, Read, Retallick... Tous les Blacks (ou presque), sont considérés comme les meilleurs du monde à leurs postes. Le pack d’avant sera emmené par T.J Pereinara, préféré à Aaron Smith. Il partagera la charnière avec celui qui a été récompensé par ses pairs comme meilleur rugbyman de l’année : Beauden Barrett. Messieurs les Français, votre combat s’annonce rude et ce sera compliqué de faire mieux que contre les Wallabies.
L’avant-match :
Les All-Blacks jouent en blanc, les Bleus avec leur nouveau maillot pas vraiment bleu. En résumé comment désorienter le téléspectateur. Heureusement, après les hymnes (en Maori et en Anglais pour les joueurs de l’hémisphère sud), vient le fameux haka. Les Blacks exécutent le Ka Mate et pendant celui-ci les Français, comme en 2011 s’avancent jusqu’à la ligne médiane. Voilà le premier défi, nous préparant à un match engagé.

Crédit photo : Rugbyrama
Le match :
Le début de partie est incontestablement à l’avantage des Français. La Nouvelle-Zélande joue dans son camp, et par l’intermédiaire de Beauden Barrett ou d’Israël Dagg, les “Néozèdes” se dégagent comme ils le peuvent. Alors, lorsqu’à la septième minute Savea récupère une passe au pied millimétrée de Beauden Barrett, fixe Dulin et décale Dagg pour l’essai, le public est abasourdi. Les hommes de Novès, outrageusement dominateurs, se sont faits punir. Celui-ci dira à la pause que là est la différence entre “les grandes nations du rugby et la France”. Mais après cet essai, le XV bleu joue bien sans réussir à concrétiser. A de nombreuses reprises les Français s’approchent mais ne scorent pas. Ils se font à nouveau punir à la 17ème minute, sur une pénalité de Barrett. A la 25ème minute de jeu, Machenaud débloque le compteur des locaux. La plus grosse action des coéquipiers de Guirado a lieu à la 28ème, Fofana fait un en-avant juste devant la ligne. Encore une fois, la zone de vérité n’est pas le point fort de nos Bleus aujourd’hui. Alors, l’équipe du Coq revoit son plan de jeu et tente maintenant toute pénalité. La France revient donc à 4 points des coéquipiers de Read juste avant la mi-temps.
Les locaux ont montré durant tous les précédents tests matchs leur difficulté au retour des vestiaires. Et cela se confirme à nouveau. Après une belle attaque française, Beauden Barrett (encore lui) intercepte une passe de Camille Lopez et s’en va inscrire un essai de quasiment 100 mètres. Il finit sa course en regardant le grand écran pour voir si aucun adversaire ne revient sur lui. En guise de réaction, Serin remplace Machenaud. Le public comme les téléspectateurs sont enchantés de voir entrer ce prodige. Deux minutes après son entrée, celui-ci inscrit une pénalité, +8 pour la Nouvelle-Zélande (49’). Puis ensuite vient le tour du sosie de Uini Atonio de marquer son essai. Charlie Faumuina profitant d’un bon travail de Todd. (9-24, 59’).
A gauche, Faumuina et à droite Atonio, les jumeaux du rugby.
Crédit photo : L’Equipe
Serin et son paquet d’avant réagissent et à la 61ème minute, le demi bordelais joue rapidement une pénalité et, de par sa course, ouvre une porte à Picamoles qui reçoit le ballon des mains du jeune n°21. Une action de grande envergure qui montre le talent du remplaçant de Maxime Machenaud. Celui-ci transforme et les Bleus reviennent à 8 points.

Crédit photo : Rugbyrama
Après une petite bagarre qui enflamme les supporters, Serin repasse une pénalité et les Blacks sont maintenant sous le coup d’un essai transformé. Malheureusement les Français ne récupèrent pas la balle et Aaron Smith dégage en touche.
Image du match :

Crédit photo : France 2 par @philousports
Beauden Barrett semble souffrir pour arriver jusqu’à l’en-but et regarde vers l’écran géant pour être sûr qu’aucun joueur tricolore ne le rattrape.
Le joueur :

Crédit photo : Le Rugbynistère
Kévin Gourdon. Encore une fois le Rochelais a été très en vue depuis le début de la tournée. Le n°7 a éclaboussé les rencontres de son talent. La presse néo-zélandaise, comme le public français, lui donne le trophée d’Homme du Match. Anecdotique quand on voit la défaite bleue.
Bilan de la tournée :
Après un Tournoi des 6 Nations moyen, la sauce commence enfin à prendre. Les joueurs comprennent le plan de jeu, et les matchs des Français sont agréables à regarder. On se doit de souligner que le groupe a peu évolué durant la tournée, montrant la continuité que Novès souhaite apporter. On sent que le sélectionneur se rapproche de plus en plus de son équipe type. Néanmoins, sa charnière n’est pas encore figée (3 charnières en 3 matchs et un Serin impressionnant). Le point faible des Bleus est le nombre de blessés, le XV ayant perdu plusieurs joueurs (Trinh-Duc, Poirot, Goujon...) au cours de la tournée.
Malgré un bilan comptable négatif, les intentions de jeu donnent envie de revoir au plus vite cette équipe.

Après des résultats encourageants, la France est-elle capable maintenant de nous faire rêver jusqu’à empocher le Tournoi des 6 Nations ? Peut-être pas dès cette année mais nous y arriverons. Avec un tel réservoir de talents, la France s’imposera sûrement d’ici quelques années comme l’une des meilleures nations du rugby. Monsieur Novès, continuez votre travail, il se peut qu’il porte ses fruits rapidement.




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